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RADIO / (28/11/2004) |
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L’émetteur ondes courtes a rendu l’antenne
La
dernière installation du genre dans notre pays, au-dessus de Moudon,
s’est tue fin octobre. Avant son démontage, les radio-amateurs vaudois
en profitent durant un mois. |
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1989, l’ancien émetteur, qui mesurait 193 m, était détruit au moyen
d’explosifs et remplacé par un nouveau de 188 m Photos DR
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«C’est
un long chapitre de la radiophonie dans notre pays qui s’achève. Après
plus de septante ans d’existence!» L’antenne ondes courtes (OC) de
Sottens, au-dessus de Moudon, s’est tue le dimanche 31 octobre à 2 h.
Définitivement. Ou presque: les radio-amateurs du canton sont en effet
au bénéfice d’une dérogation les autorisant à utiliser l’émetteur
national jusqu’au 5 décembre (lire l’encadré). «Pour nous, c’est une
chance exceptionnelle de pouvoir utiliser ce qui peut être légitimement
considéré comme la plus grande antenne radio-amateur sur ondes courtes
du monde», s’enthousiasme Didier Divorne, porte-parole du groupement.
Par la suite, l’antenne tournante sera démantelée et le site rendu à la
nature. C’est la fin de la diffusion de Radio Suisse internationale
(RSI), désormais relayée par internet sur www.swissinfo.org, qui a
signé l’arrêt de mort de l’installation. Depuis la fermeture de celui
de Schwarzenburg (BE), au printemps 1998, Sottens était le dernier
émetteur OC sur le territoire national.
Vivre avec Sottens
Pour le petit village broyard d’un peu plus de 200 âmes, une page
est en train de se tourner. L’antenne ondes courtes y avait été mise en
service en 1972 par les PTT, et exploitée depuis lors par la société
Swisscom Broadcast, comme deux autres antennes d’Option Musique, de
l’autre côté de la route, reconnaissables à leur allure de Tour Eiffel
et toujours en service actuellement. Depuis la mise en service d’un
tout premier émetteur ondes moyennes de 25 kW, en mars 1931, Sottens
jouit d’une renommée tant nationale qu’internationale: sur les cadrans
des récepteurs radio, son nom figurait aux côtés de stations comme
Luxembourg, Munich, Paris, Budapest, Berlin ou Rome. Pour les Suisses
de l’étranger, Radio Suisse internationale — via le petit village situé
sur les hauts de Moudon — représentait en outre «un véritable cordon
ombilical». Grâce à son emplacement et à son antenne tournante, «la
station vaudoise déployait des effets optimaux jusqu’en Russie, en
Afrique ou au Proche-Orient», relève-t-on chez Swisscom Broadcast.
Nuisances
Fleuron de la radiodiffusion, le site n’avait pas que des
admirateurs. A la fin des années 80, une maison d’édition de
Chapelle-sur-Moudon constatait par exemple des perturbations — radio et
TV se mettaient parfois à retransmettre RSI sans raison — qu’elle
imputait à l’émetteur tout proche. Ses ordinateurs et photocomposeuse
réagissaient aussi bizarrement. Au milieu des années 90, d’aucuns
allaient même jusqu’à affirmer que les pylônes pouvaient être à
l’origine d’une vague de cancers dans la région. Une affirmation qui
n’a pourtant jamais, jusqu’ici, pu être prouvée scientifiquement. Une
étude épidémiologique a dédouané, en 1995, la responsabilité des
antennes dans les insomnies des villageois. La même année, il était
cependant reconnu que les perturbations électromagnétiques pouvaient
être dangereuses pour les porteurs de pacemakers. |
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FRANCIS GRANGET
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